La Coupe d’Afrique des Nations 2025 organisée au Maroc a été accompagnée d’une vague d’informations mensongères, d’images et de vidéos truquées, souvent nourries par des calculs politiques et par la recherche du buzz sur les réseaux sociaux. Toutefois, ce qui a été diffusé mardi soir par deux chaînes tunisiennes a révélé des indices plus graves d’une désinformation médiatique organisée, émanant d’un pays maghrébin dont les relations avec Rabat sont tendues depuis plus de trois ans.

Coïncidant avec le premier match de la sélection tunisienne en phase de groupes, disputé au stade olympique de Rabat et remporté par les Aigles de Carthage sur le score de trois buts à un, les correspondants des chaînes Al Hiwar Ettounsi et Al Wataniya 1 ont livré en direct des déclarations contenant des informations fausses et trompeuses.

Le correspondant d’Al Hiwar Ettounsi a affirmé, à tort, qu’une coupure d’électricité avait touché le stade, évoquant de nombreux problèmes avant le coup d’envoi. Il a également qualifié le stade de petit et défaillant, prétendant que les journalistes travaillaient dans des conditions précaires et avec leurs propres moyens.

Ces déclarations ont été rapidement démenties par la diffusion d’une autre vidéo filmée dans la même salle, montrant clairement que l’électricité était disponible et que les équipements fonctionnaient normalement. Plusieurs journalistes présents sur place ont dénoncé une mise en scène délibérée, pointant un comportement contraire à toute éthique professionnelle.

Face à la polémique, la chaîne Al Hiwar Ettounsi a supprimé la vidéo de ses réseaux sociaux sans fournir la moindre explication ni présenter d’excuses, en violation des usages journalistiques.

Dans le même registre, le correspondant de la chaîne publique Al Wataniya 1 a avancé une donnée erronée en affirmant que le stade olympique se situait à 25 kilomètres du centre de Rabat, alors que la distance réelle n’excède pas 9 kilomètres. Il a également critiqué l’absence de couverture totale du stade, oubliant que jamais une CAN ne s’est tenue exclusivement dans des enceintes entièrement couvertes, et que le Maroc a pourtant proposé cinq stades couverts sur neuf.

Ces dérives médiatiques soulèvent de sérieuses interrogations sur les motivations de la diffusion de fausses informations par des chaînes à forte audience, dans un contexte sportif sensible. Si certaines attitudes peuvent relever de considérations personnelles, la dimension politique s’impose une fois de plus, dans un climat de distanciation entre le Maroc et la Tunisie sous la présidence de Kaïs Saïed, proche du régime algérien, et marqué par des tentatives répétées de nuire à l’image du Royaume, y compris à travers des événements sportifs continentaux.