Par Hichem ABOUD
La justice espagnole a refusé la mise en liberté provisoire de l’homme d’affaires algérien Ayoub Aïssiou, ancien propriétaire de la chaîne privée « Algérie One ». L’intéressé demeure en détention préventive dans l’attente de l’examen de la procédure d’extradition engagée contre lui par les autorités algériennes.
Une décision motivée par le risque de fuite
Selon le journal espagnol The Objective, l’ordonnance a été signée par le juge d’instruction du Tribunal national (Audiencia Nacional), Santiago Pedraz. Le magistrat a ordonné le maintien d’Ayoub Aïssiou au centre pénitentiaire Brians 1, en Catalogne, en invoquant un risque accru de fuite avant la finalisation du dossier d’extradition.
Face à cette décision, Me César Aguirre, avocat espagnol de l’homme d’affaires, a confirmé avoir interjeté appel. La défense propose des garanties financières afin d’obtenir une libération conditionnelle de son client.
Une arrestation à l’aéroport de Barcelone
Ayoub Aïssiou avait été appréhendé à l’aéroport international Josep Tarradellas Barcelone-El Prat, le 25 juillet dernier, dans le cadre d’un mandat d’arrêt international émis par Alger. Selon le quotidien El Imparcial, qui avait révélé les premiers éléments de son interpellation, la juridiction centrale compétente de Madrid dispose d’un délai légal de 40 jours pour examiner les pièces transmises par la justice algérienne et statuer sur la recevabilité de la demande d’extradition.
D’après les précisions apportées par le Diari de Tarragona, l’instruction du dossier se poursuivra dans les prochaines semaines devant les chambres spécialisées de l’Audiencia Nacional, instance chargée en Espagne de trancher les procédures judiciaires internationales transfrontalières.
Un dossier pénal lourd en Algérie
Sur le plan judiciaire national, la demande d’extradition transmise à l’Espagne repose sur un dossier pénal instruit par le Pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed. L’ancien promoteur immobilier et investisseur dans de nombreux secteurs fait l’objet de plusieurs mandats d’arrêt internationaux pour des infractions financières, commerciales et de corruption.
Les chefs d’accusation retenus contre lui incluent :
La violation de la réglementation relative aux mouvements de capitaux vers l’étranger ;
Le transfert illicite de devises ;
Le blanchiment d’argent ;
La dissimulation de revenus issus de la corruption ;
L’escroquerie commerciale ;
L’émission de chèques sans provision ;
Diverses infractions liées à des opérations de promotion immobilière.
Une condamnation lourde par contumace
Jugé en son absence, Ayoub Aïssiou a été condamné par contumace le 17 décembre 2025 à une peine de 20 ans de réclusion criminelle par le Pôle spécialisé de Sidi M’hamed. Cette sentence a été confirmée en appel par la Cour d’Alger le 15 mars 2026.
Ces décisions judiciaires s’accompagnent de lourdes amendes, de mandats d’arrêt internationaux et de la confiscation de l’ensemble de ses avoirs et biens immobiliers situés sur le territoire algérien.
Dans le cadre de ces mêmes affaires, plusieurs membres de son entourage familial et professionnel ont également été condamnés à des peines de prison ferme.



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