Abdelghani Chenaguer, figure du Hirak populaire pacifique, purge une peine de cinq ans de prison alors que son engagement n’a jamais dépassé l’expression d’opinions pacifiques et la participation citoyenne via les marches et les publications sur les réseaux sociaux. Connu pour sa voix critique et son aspiration au changement démocratique, il s’est retrouvé derrière les barreaux alors qu’il aurait dû être un acteur de l’espace public.
Il a été arrêté le 17 novembre 2022, puis présenté au juge d’instruction qui a ordonné son placement en détention provisoire le 23 novembre 2022. Après plusieurs mois de procédures et d’instructions, la cour criminelle de première instance près du tribunal de Khenchela a rendu, le 18 octobre 2023, un jugement de cinq ans de prison ferme, en se fondant sur plusieurs articles du code pénal, notamment les articles 75, 87 bis, 87 bis 3, 87 bis 4, 144 bis et 146, ainsi que sur l’article 43, paragraphe 3, du code de procédure pénale.
Malgré le caractère strictement pacifique de son activisme, Abdelghani fait face à des accusations lourdes telles que l’appartenance à une organisation terroriste visant la sécurité de l’État et l’unité nationale, l’apologie d’actes terroristes, la republication d’enregistrements considérés comme à caractère terroriste, l’affaiblissement du moral de l’armée, ainsi que des accusations d’insulte, de diffamation et de calomnie à l’encontre du président de la République et de l’Armée nationale populaire. Ces accusations contrastent avec la réalité de son action, qui se limitait à des publications et opinions politiques critiques sans incitation à la violence.
Le 18 octobre 2023, la cour d’appel a confirmé le jugement initial, puis la Cour suprême a validé la décision définitivement le 26 septembre 2024, rendant la condamnation exécutoire et définitive.
L’affaire d’Abdelghani Chenaguer illustre un mouvement plus large de poursuites visant des militants pacifiques en raison de leurs opinions ou de leur participation à la vie publique. Avec le renforcement de la surveillance de l’espace numérique, de nombreux citoyens se trouvent menacés de sanctions en raison d’un simple post ou d’une opinion exprimée publiquement, ce qui amplifie le climat de peur et réduit l’espace de la participation citoyenne.
La poursuite et l’emprisonnement d’opinions pacifiques minent la confiance entre les citoyens et les institutions, transformant la liberté d’expression en un privilège fragile plutôt qu’en un droit fondamental. Abdelghani n’a porté que ses idées et n’a exercé que son droit naturel à s’exprimer. Une idée libre ne devrait jamais être criminalisée.
Dans le cadre de la campagne Chouaa sous le slogan Libérez les voix de la liberté, nous réaffirmons que l’expression pacifique et l’engagement politique ou civil ne constituent pas un crime, et que la protection des militants est essentielle pour préserver un espace public ouvert, sûr et fondé sur le dialogue et la responsabilité.
Défendre la liberté d’Abdelghani Chenaguer, c’est défendre le droit de la société à un mouvement civil indépendant, vivant et courageux, capable de travailler pour un avenir plus juste et plus ouvert pour tous.



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