Depuis le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc, il est apparu clairement que la compétition a dépassé le simple cadre sportif pour révéler des écarts profonds en matière de vision, d’organisation et de mentalité. Pourtant, en Algérie, certains discours ont choisi une autre voie: celle de l’obsession comparative et de la tentative de capter l’attention par le verbe, faute de pouvoir le faire par les faits.

L’un des exemples les plus révélateurs de cette fébrilité médiatique a été la polémique artificielle autour de la présence de Zinedine Zidane dans les tribunes de la CAN. Soudain, sa venue a été présentée comme un « vol de caméra » ou un « détournement des projecteurs » au détriment du Maroc, comme si tout le tournoi se résumait à la présence fugace d’une légende du football. La réalité est pourtant bien plus simple: Zidane était là en tant que père, venu assister à un match où évoluait son fils, gardien de but. Il ne représentait aucun pays et ne portait aucun message symbolique.

Malgré cela, cette présence limitée a été transformée en prétendue victoire médiatique par un discours algérien en quête de compensation. Certains ont affirmé que le monde entier suivait la CAN uniquement à cause de Zidane et que les caméras ne le quittaient pas, en ignorant volontairement que c’est avant tout la qualité de l’organisation, des infrastructures et de l’ambiance générale qui a attiré l’attention internationale.

La surenchère ne s’est pas arrêtée là. L’apparition du chanteur Cheb Khaled dans les tribunes a été exploitée de la même manière, présentée comme une preuve de la « dimension mondiale » de l’Algérie. Un raccourci commode, qui passe sous silence le fait que l’artiste réside au Maroc depuis des années, qu’il possède la nationalité marocaine et que sa présence à une compétition organisée dans son pays de résidence est parfaitement naturelle.

Lorsque certains ont tenté de répondre en évoquant la présence de Kylian Mbappé, le malaise est devenu encore plus évident. Mbappé est un ami proche d’Achraf Hakimi et ses séjours au Maroc sont fréquents et bien connus. Contrairement à d’autres, le Maroc n’a nul besoin de transformer chaque visite en bataille symbolique, tant la réussite de l’événement parle d’elle-même.

Il est également significatif que le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, se soit déplacé personnellement pour saluer Zidane dans sa loge et prendre des photos avec lui. Un geste banal dans une grande compétition continentale, mais que certains ont interprété, côté algérien, comme un signe de reconnaissance ou de parti pris, dans une lecture réductrice nourrie par une obsession permanente de comparaison avec le Maroc.

La plus grande ironie reste que Zidane lui-même n’a jamais cherché à jouer ce rôle symbolique. Il n’a jamais entraîné la sélection algérienne, n’a revendiqué aucune appartenance politique ou identitaire, et a toujours gardé ses distances avec ce type de récupération. Pourtant, il a été attaqué lorsqu’il a refusé de prendre en main l’équipe nationale algérienne, avant d’être revendiqué dès qu’il est apparu dans les tribunes pour soutenir son fils.

En définitive, il ne s’agit nullement d’un « vol des projecteurs », mais d’une nouvelle démonstration d’une mentalité en quête de victoires médiatiques artificielles, quitte à les fabriquer à partir d’instants insignifiants. Le Maroc a attiré l’attention parce qu’il a organisé une CAN réussie, pas parce qu’il a exhibé des noms célèbres. Et si l’Algérie s’est retrouvée en marge, ce n’est pas à cause de Zidane, mais parce qu’elle persiste à se réfugier dans un discours de frustration au lieu d’affronter la réalité.

La CAN au Maroc a envoyé un message clair:

ce sont l’organisation, la stabilité et la confiance en soi qui construisent une image internationale solide, non les cris, les comparaisons stériles et les batailles imaginaires autour d’une simple image.

La rédaction / LEMED24