Par Hichem ABOUD le 21/01/2025

La diplomatie marocaine a annoncé, lundi 19 janvier, que le roi du Maroc s’apprêtait à ratifier la charte d’un nouvel organisme international présenté comme un instrument d’accompagnement du plan de paix américain pour Gaza. Le royaume figure également parmi les pays pressentis pour contribuer à une éventuelle force internationale de stabilisation dans l’enclave palestinienne.

À l’invitation de Donald Trump, le Maroc deviendra ainsi le premier État arabe et africain à rejoindre le « conseil de la paix », une structure encore mal définie, directement portée par la Maison Blanche. Selon le ministère marocain des affaires étrangères, cette instance aurait pour mission de soutenir la mise en œuvre du plan américain pour Gaza. Toutefois, ses contours restent flous et ses ambitions pourraient dépasser ce cadre initial, au point de se poser, à terme, comme une alternative — voire un concurrent indirect — à l’Organisation des Nations unies, régulièrement décriée par l’administration américaine.

Cette annonce intervient dans un contexte diplomatique particulièrement sensible, marqué par des spéculations sur une éventuelle participation marocaine à une force internationale de stabilisation dans les territoires palestiniens. Le journaliste israélien Barak Ravid, du site américain Axios, a ainsi rapporté des propos attribués au chef du gouvernement marocain lors du Forum économique mondial de Davos, selon lesquels le Maroc envisagerait l’envoi de soldats à Gaza. Une information aussitôt démentie par l’entourage du Premier ministre marocain, qui a tenu à préciser que celui-ci s’était strictement limité à confirmer l’accord royal pour l’adhésion au conseil de la paix, sans évoquer le moindre engagement militaire.

Alger ignorée

Ce qui ne manquera pas de provoquer l’irritation d’Alger, c’est le fait que Donald Trump a superbement ignoré le régime algérien, lequel ne cesse pourtant de proclamer, à destination de son opinion publique, que la cause palestinienne constitue un pilier central de sa politique étrangère.

Dans les faits, l’Algérie du duo Tebboune–Chengriha se contente d’un soutien essentiellement verbal. Sur le plan concret et matériel, l’aide algérienne aux populations de Gaza, durant toute la période de la guerre, s’est limitée à l’envoi d’un unique camion d’assistance humanitaire au cours de la première quinzaine du conflit, avant de sombrer dans un silence total. Plus encore, la population algérienne a été empêchée -et continue de l’être- de manifester librement son soutien aux Palestiniens.

Il n’est nul besoin d’être grand clerc pour comprendre que le régime algérien a transformé la cause palestinienne en fonds de commerce politique, instrumentalisé afin de capter la sympathie d’un peuple qui, par le boycott massif de toutes les consultations électorales, a exprimé une rupture nette et durable avec un pouvoir largement perçu comme illégitime.