Par Hichem ABOUD, le 23/01/2026
Bien avant sa diffusion, « Complément d’enquête » de France 2 avait déjà déclenché une crise de nerfs à Alger. Comme si un simple documentaire suffisait à faire vaciller un régime qui se prétend souverain, solide, sûr de lui. La fébrilité fut telle que, dès l’annonce de l’émission, la machine de propagande s’est mise en branle, mobilisant ses plumitifs appointés, ses officines médiatiques et son bras armé informationnel : France 2 devenait l’ennemi à abattre.
Le sujet, intitulé « Rumeurs et coups tordus : la guerre secrète France-Algérie », n’était pourtant qu’un travail journalistique. Mais dans l’Algérie officielle, toute tentative d’enquête est perçue comme une agression, toute critique comme un complot, toute parole libre comme un crime de lèse-majesté. La réaction ne s’est pas fait attendre : vociférations, indignations fabriquées, insultes en rafale. Le régime n’a pas répondu sur le fond. Il a répondu par l’invective.
En première ligne de cette offensive grotesque, l’Agence de Presse Algérienne, institution censée informer, s’est transformée en feuille de chou injurieuse. Un texte anonyme — comme toujours — signé par un obscur gratte-papier planqué dans les couloirs de la présidence, a déversé un flot d’insultes indignes, piétinant toute éthique journalistique. Ce n’était plus de l’information, mais un pamphlet de bas étage. L’Algérie officielle ne débat pas : elle éructe.
Xavier Driencourt, bouc émissaire d’un régime à bout de nerfs
À lire ce factum, on comprend vite que la véritable obsession d’Alger porte un nom : Xavier Driencourt. L’ancien ambassadeur de France est devenu la cible unique, la tête de turc idéale, le défouloir commode d’un pouvoir incapable de se regarder dans le miroir.
Le portrait dressé par l’APS relève de la caricature hystérique : « faux diplomate », « agitateur », « homme sale », atteint d’une « pathologie obsessionnelle nommée Algérie ». Une avalanche d’injures qui frise le ridicule. Car ce même “agitateur”, durant ses deux mandats, était reçu avec tous les honneurs par les plus hauts responsables du régime. Les mêmes généraux qui l’insultent aujourd’hui rampaient hier jusqu’à son bureau pour un visa, une place au lycée français d’Alger, ou une admission dans un hôpital parisien pour leurs rejetons. La mémoire est courte chez les voyous ; l’hypocrisie, elle, est intacte.
Un jour peut-être, Driencourt abandonnera la retenue diplomatique et dira tout haut ce que beaucoup savent déjà : la vérité sur ces généraux ventripotents qui tiennent l’Algérie en otage et sur leurs scribes serviles qui salissent le papier pour mériter leur ration.
Quand un influenceur dit tout haut ce que le régime est
Dans l’ombre, Alger a tenté de faire pression pour faire disparaître l’intervention de Driencourt du documentaire. Peine perdue. Car même amputé, le reportage reste accablant. Il met à nu les méthodes d’un régime qui exporte sa violence : espionnage, manipulations, recrutement de relais en France, tentatives d’enlèvements et d’assassinats sur sol étranger.
Parmi les témoignages les plus glaçants figure celui de Amir Boukhors, connu sous le pseudonyme Amir DZ. Kidnappé en avril 2024 par des mercenaires agissant pour le compte d’Alger, il raconte sans filtre ce que le pouvoir algérien voudrait enfouir. Et il conclut, sans détour, par une phrase qui a fait mouche : « Tebboune est un voyou.»
Étrangement, cette sortie n’a pas provoqué la même hystérie que les propos feutrés d’un diplomate. Sans doute parce que le mot est désormais banal. Peut-être parce que le régime s’est habitué à ce qualificatif, déjà entendu au Parlement européen. Ou tout simplement parce que le terme « voyou » n’est plus une insulte, mais une description.
Un régime de médiocres démasqué par son propre vacarme
Au final, le tapage orchestré par Alger n’a fait que révéler l’indigence intellectuelle de ses censeurs. Un pouvoir tenu par des médiocres, incapable d’argumenter, incapable de convaincre, incapable même de se taire. Des dirigeants qui préfèrent se faire insulter par un influenceur plutôt que d’être critiqués par un diplomate.
Tout est dit. Le reste n’est que bruit.



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