La couverture médiatique de l’équipe nationale algérienne ne se limite plus au suivi des performances et des résultats sur le terrain. Elle a dérivé vers des pratiques étrangères à l’éthique journalistique, allant jusqu’à une intrusion manifeste dans la vie privée. Le dernier dérapage en date concerne le sélectionneur Vladimir Petkovic, contraint d’intervenir pour protéger sa famille, en particulier sa fille Léa, devenue la cible de photographes et de journalistes algériens lors des matchs de la Coupe d’Afrique des nations 2025 organisée au Maroc.

Selon plusieurs informations concordantes, la fille de Petkovic assistait à certaines rencontres des Verts dans les tribunes du stade Moulay Hassan à Rabat en tant que simple membre de la famille. Une présence tout à fait ordinaire, rapidement transformée en objet de mise en scène médiatique. Des photographes l’ont suivie, encerclée par des caméras, allant jusqu’à tenter de lui soutirer des déclarations, dans un spectacle révélateur d’un mépris total pour la vie privée et pour les règles élémentaires du métier.

Rien, dans ce qui s’est produit, ne peut être justifié sur le plan professionnel. Léa Petkovic n’est ni joueuse, ni dirigeante, ni porte-parole de la sélection. Elle n’exerce aucun rôle public pouvant légitimer une telle traque. Malgré ses tentatives répétées d’éviter les caméras et son refus explicite de ce harcèlement, la poursuite s’est poursuivie avec une insistance qui traduit une culture médiatique malade, où tout ce qui est personnel devient consommable.

Face à cette situation, Petkovic n’a pas caché sa colère et son agacement. Le technicien suisse, venu en Algérie dans un cadre contractuel clair et professionnel, s’est retrouvé confronté à des comportements sans rapport avec le sport ou le journalisme. Selon les mêmes sources, il a saisi directement le responsable de la communication au sein de la Fédération algérienne de football pour exiger une intervention immédiate, afin de mettre un terme à ces pratiques et rappeler l’obligation de respecter la vie privée de sa famille.

Au-delà d’un simple incident, cette affaire met en lumière une crise plus profonde touchant une partie des médias liés à une logique de propagande, habituée à confondre information et sensationnel, couverture et voyeurisme. Plutôt que d’interroger les performances, d’analyser les choix techniques ou de débattre sérieusement des problèmes du football algérien, certains préfèrent traquer les proches des responsables à la recherche d’une image ou d’un buzz éphémère.

Ce comportement porte atteinte non seulement à l’image des médias algériens, mais place également la sélection nationale dans une position inconfortable. Le sélectionneur étranger, censé travailler dans un climat serein et professionnel, se voit contraint de protéger sa famille contre des caméras venues officiellement couvrir le football, mais détournées de leur mission. Plus grave encore, ces dérives alimentent une image négative de l’environnement de travail en Algérie et renforcent l’idée que le désordre médiatique fait partie du paysage.

Ce qui est arrivé à Petkovic et à sa fille Léa doit servir d’alerte. Le respect de la vie privée n’est pas un luxe, et l’éthique professionnelle n’est pas un slogan creux. Sans des limites claires et des sanctions à l’encontre des abus, les médias continueront d’être un poids supplémentaire pour l’équipe nationale, au lieu d’être un partenaire critique, responsable et utile à son développement.

La rédaction / LEMED24