Dans une décision qui marque le retour assumé de politiques d’exclusion déguisées en mesures économiques, le département d’État américain a annoncé la suspension du traitement des visas d’immigration pour les ressortissants de 75 pays, dont un grand nombre de pays arabes. Cette mesure, justifiée par le risque que certains demandeurs deviennent une « charge publique », a suscité de vives critiques en raison de son caractère discriminatoire et de ses implications politiques et humaines.
La décision concerne notamment l’Égypte, la Jordanie, le Liban, l’Irak, le Soudan, la Syrie, le Yémen, la Libye, le Maroc et la Tunisie. Portée par l’administration du président Donald Trump et par son secrétaire d’État Marco Rubio, elle doit entrer en vigueur le 21 janvier en cours et s’inscrit dans la continuité de restrictions antérieures visant l’immigration et les déplacements, en particulier en provenance du Sud global et du monde arabe.
Officiellement, le département d’État affirme vouloir « prévenir les abus du système d’immigration ». Toutefois, ce discours occulte le fait que la législation américaine impose déjà aux candidats à la résidence permanente de prouver leur autonomie financière. La nouveauté réside dans l’élargissement du concept de « charge publique », transformé en un outil politique permettant une suspicion généralisée et préalable des demandeurs.
Les nouvelles directives exigent des justificatifs financiers supplémentaires et introduisent des évaluations plus larges portant sur l’âge, l’état de santé, le niveau d’éducation, la maîtrise de la langue et même tout recours antérieur à des aides sociales. Parallèlement, des instructions ont été envoyées aux ambassades et consulats afin de renforcer le contrôle des visas non immigrants, sous couvert de lutte contre la fraude, ce qui pourrait restreindre davantage les déplacements.
Selon plusieurs observateurs, cette politique ne corrige pas des failles administratives mais contribue à stigmatiser des pays entiers et à imposer des présomptions collectives à leurs citoyens. Elle contraste avec le discours traditionnel des États-Unis sur l’ouverture et l’attractivité, à un moment où le pays cherche à projeter une image internationale plus inclusive plutôt que de renforcer une logique de fermeture.
La rédaction / LEMED24



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