Le régime au pouvoir en Algérie semble avoir atteint un niveau d’impasse inédit. Incapable de faire face à des citoyens qui ne disposent que de leurs téléphones et de leurs comptes sur Facebook, YouTube ou TikTok, il choisit la fuite en avant. Des journalistes et des militants exercent leur droit élémentaire à la liberté d’expression, et les voilà aussitôt qualifiés de « terroristes » par la presse officielle. Après l’échec de la répression judiciaire classique, le pouvoir cherche aujourd’hui de nouveaux instruments de vengeance.
De la prison à la déchéance de nationalité, une escalade révélatrice
Après des années de procès politiques et de condamnations lourdes allant jusqu’à des dizaines d’années de prison, les autorités se sont heurtées aux limites du droit lui-même. Des affaires sont tombées en prescription, d’autres ont provoqué des scandales internationaux sur le plan des droits humains. La nouvelle option envisagée consiste désormais à priver les opposants de leur nationalité.
Le projet de modification du Code de la nationalité, actuellement débattu au Parlement, ouvre la voie à la déchéance de la nationalité algérienne d’origine pour des citoyens résidant à l’étranger, sous des prétextes vagues tels que « atteinte aux intérêts de l’État » ou « atteinte à l’unité nationale ». Des formules floues utilisées comme un bâton politique pour sanctionner toute voix critique ou toute dénonciation de la corruption.
Une loi transformée en arme politique
Le pouvoir tente de présenter les opposants à l’étranger comme une menace pour l’État, alors que la réalité est tout autre. Ceux qui dénoncent le pillage des ressources publiques, exposent les mensonges officiels et révèlent les compromissions du régime ne portent pas atteinte à l’Algérie, ils la défendent. Le véritable ennemi du pays n’est ni le journaliste ni l’opposant, mais un système qui a confisqué l’État et vidé ses institutions de leur sens.
Plus grave encore, ce projet menace des citoyens ordinaires sans aucun engagement politique. Des familles entières, y compris des enfants, se sont déjà vu refuser des passeports et des services consulaires sans base légale, en violation flagrante du principe de citoyenneté.
Alerte ferme de l’Organisation Shoaa
Dans ce contexte, Organisation Shoaa a lancé une alerte sévère contre le projet de révision du Code de la nationalité, qu’elle considère comme un outil de musellement des libertés et de destruction du lien national. L’organisation estime que le texte, inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée populaire nationale les 20 et 21 décembre 2025, constitue une menace directe pour le droit des Algériens à leur nationalité d’origine et transforme celle-ci en moyen de chantage politique conditionné par la loyauté au pouvoir.
Selon l’organisation, le ciblage explicite des actes commis hors du territoire national démontre une volonté claire de s’en prendre aux Algériens établis à l’étranger, aujourd’hui parmi les plus actifs dans la critique du régime du fait de leur relative protection contre la répression directe.
Une violation manifeste des engagements internationaux
L’Organisation Shoaa souligne que la déchéance de nationalité pour des raisons d’opinion ou de position politique est en contradiction directe avec la Constitution algérienne et avec les engagements internationaux de l’État, notamment l’article 15 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui garantit le droit à une nationalité et interdit toute privation arbitraire.
Elle avertit également que cette orientation législative exposera l’Algérie à de nouvelles mises en cause internationales et l’inscrira davantage parmi les États pratiquant des violations systématiques des droits fondamentaux.
Appel au rejet du projet et à la mobilisation internationale
L’organisation appelle les députés, les partis politiques et les acteurs de la société civile à assumer leurs responsabilités constitutionnelles et morales en rejetant ce texte dangereux. Elle alerte également les instances internationales et, en particulier, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, sur la gravité de cette dérive législative qui vise à priver des citoyens de leur identité juridique.
Elle conclut que museler les voix ne protège pas les nations, que l’appartenance nationale ne s’impose pas par la sanction, et que la véritable stabilité ne peut être assurée que par le respect des droits et des libertés, non par leur démantèlement.
Le projet de déchéance de nationalité n’est qu’un nouvel épisode de l’échec politique et moral du régime algérien. Incapable de gouverner et d’assumer ses responsabilités, il choisit de déclarer la guerre à la citoyenneté elle-même, sans mesurer que cette fuite en avant ne fera qu’accélérer son isolement et exposer davantage sa nature autoritaire aux yeux du monde.
La rédaction / LEMED24
Regardez la vidéo :
l’intervention du journaliste Hicham Abboud sur ce sujet.



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