Le porte-avions américain USS Gerald R. Ford, le plus récent et le plus avancé de la flotte américaine, a franchi mardi 17 février au soir le détroit de Gibraltar, au large des côtes marocaines, en direction de la mer Méditerranée. Ce mouvement stratégique a été repéré par des plateformes spécialisées dans le suivi du trafic maritime, qui ont diffusé des images montrant l’imposant bâtiment militaire progressant entre les rives européenne et africaine.
Selon des sources spécialisées dans le suivi des mouvements militaires, le porte-avions aurait quitté la région des Caraïbes entre le 12 et le 13 février. Il aurait traversé l’Atlantique à une vitesse avoisinant les trente nœuds, atteignant l’entrée occidentale de la Méditerranée en cinq à six jours, démontrant ainsi la capacité de projection rapide et la disponibilité opérationnelle de la marine américaine.
Le déploiement du Gerald R. Ford en Méditerranée intervient dans un contexte régional marqué par une montée des tensions au Moyen-Orient. Des analystes estiment que cette présence militaire pourrait traduire un durcissement de la posture américaine vis-à-vis de l’Iran. L’entrée du porte-avions dans cette zone stratégique est perçue comme un signal clair de dissuasion et comme une démonstration de la capacité des États-Unis à renforcer rapidement leur dispositif dans les zones sensibles.
Le Gerald R. Ford inaugure une nouvelle génération de porte-avions conçue pour augmenter le rythme des lancements d’aéronefs, réduire les coûts d’exploitation et améliorer l’efficacité opérationnelle. Il embarque des chasseurs multirôles, des hélicoptères et des avions de surveillance aérienne avancée. Son système de catapultage électromagnétique et ses radars de dernière génération lui permettent de gérer les opérations aériennes avec une efficacité accrue par rapport aux classes précédentes.
Parallèlement, la télévision d’État iranienne a annoncé que Téhéran envisageait de fermer temporairement le détroit d’Hormuz dans le cadre de manœuvres militaires, ravivant les inquiétudes autour de ce passage stratégique par lequel transite une part importante des exportations mondiales d’énergie. L’agence Tasnim a cité Ali Reza Tangsiri, commandant des forces navales des Gardiens de la révolution, affirmant que la décision de fermer le détroit relevait des plus hautes autorités de l’État, tout en soulignant que les armes utilisées en temps de guerre diffèrent de celles employées lors des exercices.
Des médias américains avaient auparavant indiqué que le président Donald Trump avait ordonné le redéploiement du porte-avions USS Abraham Lincoln de la mer de Chine méridionale vers le Moyen-Orient, dans un contexte de menaces accrues de frappes contre l’Iran.
Le journal The New York Times a également rapporté que Washington avait décidé d’envoyer le Gerald R. Ford et son groupe d’escorte au Moyen-Orient, une initiative interprétée comme un renforcement des instruments de pression militaire et politique sur Téhéran, alors que les négociations sur le dossier nucléaire iranien restent incertaines.
Le 3 février, l’armée américaine a annoncé avoir abattu un drone iranien qui se serait approché du porte-avions Abraham Lincoln en mer d’Arabie. De son côté, The Wall Street Journal a révélé que six vedettes iraniennes armées s’étaient approchées d’un pétrolier américain dans le détroit d’Hormuz, lui ordonnant de s’arrêter avant de se retirer après l’arrivée d’un navire de guerre américain.
Ces développements traduisent une phase de tension accrue entre Washington et Téhéran, où démonstrations de force et calculs diplomatiques s’entremêlent, dans l’attente de l’issue des discussions sur le programme nucléaire iranien.



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