Le quotidien israélien Haaretz a révélé qu’Israël a officiellement demandé aux États-Unis de recourir à des sociétés de sécurité américaines privées pour gérer le poste-frontière de Rafah, dans le cadre de nouvelles dispositions de fonctionnement, au lieu de s’appuyer sur des forces relevant de l’Autorité palestinienne. Cette orientation reflète la volonté de Tel-Aviv d’imposer une formule sécuritaire stricte lui garantissant un contrôle indirect sur l’un des principaux points d’accès de la bande de Gaza, alors que la situation sur le terrain connaît une dangereuse escalade militaire.
Sur le plan militaire, les zones orientales de la ville de Gaza ont été la cible de tirs d’artillerie intensifs, accompagnés de rafales d’hélicoptères de combat et d’une activité soutenue de drones, qui ont mené des frappes aériennes contre le quartier d’Al-Tuffah, à l’est de la ville. Cette montée de la violence souligne la fragilité du cessez-le-feu annoncé et confirme qu’Israël continue d’utiliser la force comme levier politique et sécuritaire.
De son côté, le Hamas a annoncé qu’une délégation de haut niveau de sa direction a tenu une réunion à Istanbul avec le chef des services de renseignement turcs, Ibrahim Kalin, afin d’examiner les développements de la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu et les exigences pour achever la mise en œuvre de la première phase. La délégation était dirigée par Khalil al-Hayya, chef du mouvement dans la bande de Gaza, et Zaher Jabarin, responsable en Cisjordanie, aux côtés du dirigeant Mahmoud Mardawi et du représentant du Hamas en Turquie, Moussa Akkari.
Les discussions ont porté sur les moyens d’alléger la souffrance de la population de Gaza, d’accélérer l’entrée de l’aide humanitaire, ainsi que sur le lancement des travaux de la commission nationale chargée de gérer les affaires du territoire durant la prochaine période, dans un contexte de destructions massives et de crise humanitaire aiguë.
En Israël, le cabinet de sécurité et politique doit tenir une réunion décisive pour examiner l’évolution de la situation à Gaza et la possibilité d’ouvrir le poste-frontière de Rafah. Selon Haaretz, Tel-Aviv fait pression pour une nouvelle formule de gestion du poste reposant sur des sociétés de sécurité américaines privées, avec le soutien direct de Washington, afin d’écarter l’Autorité palestinienne de tout rôle opérationnel.
Le journal cite deux sources bien informées affirmant que des consultations intenses et continues sont en cours entre Israël et les États-Unis sur l’entité qui devra gérer le poste, dans un contexte de désaccords concernant le rôle de la mission de police européenne censée superviser l’équipe locale palestinienne. Ce différend illustre une lutte politique et sécuritaire plus large autour de la question de savoir qui détiendra réellement le contrôle de l’un des principaux poumons vitaux de la bande de Gaza.
Dans ce climat de développements rapides, le poste de Rafah apparaît de plus en plus comme un levier stratégique utilisé par Israël et les États-Unis pour redessiner les règles de contrôle sur Gaza, tandis que le Hamas et la Turquie tentent de consolider la trêve et d’atténuer la catastrophe humanitaire, alors que l’avenir du passage demeure suspendu à un rapport de force régional et international.
La rédaction / LEMED24



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