Le Moyen-Orient connaît une montée des tensions militaires significative, parallèlement à la poursuite difficile du dialogue diplomatique entre Washington et Téhéran. Alors que les États-Unis renforcent massivement leur présence militaire, l’Iran a annoncé des manœuvres navales conjointes avec la Russie en mer d’Oman, envoyant un message à la fois stratégique et politique.
Selon l’agence iranienne ISNA, le porte-parole militaire Hassan Maqsoudlou a indiqué que ces exercices conjoints se dérouleraient en mer d’Oman et dans le nord de l’océan Indien, avec pour objectif de renforcer la sécurité maritime et la coopération entre les marines des deux pays. La durée des manœuvres n’a pas été précisée, mais leur calendrier, au lendemain d’une session de négociations indirectes entre l’Iran et les États-Unis, suscite des interrogations.
De son côté, le site Axios a révélé que l’armée américaine a transféré plus de cinquante avions de combat, dont des F-35, F-22 et F-16, vers le Moyen-Orient au cours des dernières vingt-quatre heures. Ce déploiement s’inscrit dans un vaste renforcement des moyens aériens et navals en prévision d’une éventuelle confrontation avec l’Iran.
Ces mouvements interviennent après une nouvelle série de discussions indirectes à Genève consacrées au programme nucléaire iranien. Selon le Jerusalem Post, citant un responsable américain, Téhéran aurait informé Washington qu’il présenterait dans les deux semaines à venir des propositions détaillées afin de combler les divergences existantes. Malgré des échanges jugés constructifs, les écarts demeurent importants.
Par ailleurs, des médias américains ont indiqué que les États-Unis pourraient envoyer leur plus grand porte-avions, l’USS Gerald R. Ford, au Moyen-Orient en cas d’échec des négociations. Le navire, auparavant déployé dans les Caraïbes, aurait reçu l’ordre de changer de destination. L’USS Abraham Lincoln est déjà stationné dans la région depuis janvier, accompagné de plusieurs unités aériennes et navales.
Enfin, l’Iran a récemment mené des exercices sous la supervision des Gardiens de la révolution dans le détroit stratégique d’Ormuz, artère essentielle du transport mondial de pétrole et de gaz. Téhéran a à plusieurs reprises menacé de fermer ce passage en période de tensions avec Washington. La télévision iranienne a d’ailleurs indiqué que le détroit avait été fermé temporairement pour des raisons sécuritaires dans le cadre des manœuvres.
Entre démonstrations de force et tractations diplomatiques, la région reste suspendue à l’issue de négociations dont l’échec pourrait entraîner une escalade aux conséquences régionales et internationales majeures.



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