À chaque nouvelle loi de finances, l’ampleur du gaspillage qui caractérise la gestion de la présidence de la République algérienne apparaît avec davantage de clarté. Sous le règne de Abdelmadjid Tebboune, le budget de la présidence est passé d’un poste administratif ordinaire à une masse financière colossale, soulevant de graves interrogations sur la transparence, la reddition des comptes et les priorités réelles de l’État.
Selon des données concordantes largement relayées, le salaire mensuel officiel du président serait d’environ 70 millions de centimes, tandis que des estimations non officielles évoquent un revenu réel pouvant atteindre 180 millions de centimes par mois, soit plus du double de la rémunération des ministres les mieux payés. Mais ces chiffres, aussi choquants soient-ils, restent marginaux au regard de l’essentiel.
Le chiffre le plus alarmant concerne le budget de la présidence pour l’année 2026, fixé à près de 831 millions de dollars et adopté par le Parlement sans débat sérieux ni véritable exercice de contrôle. À titre de comparaison, ce budget ne dépassait pas 116 millions de dollars en 2020, ce qui représente une augmentation vertigineuse en moins de six ans, sans la moindre justification officielle crédible.
Théoriquement, cette enveloppe est destinée aux salaires des employés et conseillers, à la sécurité et à l’entretien des palais présidentiels, aux déplacements, à la protection rapprochée, aux frais médicaux, ainsi qu’à toutes les dépenses liées au président et à sa famille. Or, dans les faits, ce gonflement budgétaire dépasse largement les standards observés même dans les démocraties les plus établies.
Le budget du palais de l’Élysée en France pour 2026 ne dépasse pas 138 millions de dollars, malgré l’intensité des activités diplomatiques, les visites officielles et les événements institutionnels, le tout sous un strict contrôle parlementaire et juridictionnel. De son côté, le budget du palais royal au Maroc, incluant le protocole, l’entretien de palais historiques, les salaires de milliers d’employés et les déplacements des membres de la famille royale, n’excède pas 275 millions de dollars. Pourtant, la présidence algérienne surpasse largement ces deux institutions réunies, sans aucune justification rationnelle.
Plus préoccupant encore, ce budget couvre les frais médicaux du président à l’étranger, notamment en Allemagne, où Tebboune a séjourné de longs mois pour des soins, accompagné d’un important dispositif de conseillers, de cadres administratifs et d’agents de sécurité, avec la réservation d’étages entiers dans des hôtels de luxe et des déplacements fréquents en avions présidentiels. Des estimations non officielles évaluent le coût d’un seul séjour médical à plus de 9 millions de dollars, entièrement financés par l’argent public, alors même que le discours officiel ne cesse de vanter l’excellence supposée du système de santé algérien.
Face à ces chiffres accablants, le Parlement observe un silence total. Aucune question, aucune commission d’enquête, aucun rapport détaillé, ni même une tentative d’expliquer comment le budget de la présidence a pu passer de 116 millions de dollars à un montant proche du milliard. Comme si les deniers publics n’avaient plus de propriétaire, ou comme si la présidence était devenue une boîte noire intouchable.
Dans ce contexte, une question essentielle demeure sans réponse : où va tout cet argent, et pourquoi aucun député ou responsable n’ose demander des comptes à la présidence, dans un pays où les citoyens subissent chômage, dégradation des services publics et cherté de la vie ? Le silence n’est plus un simple manquement. Il s’apparente désormais à une complicité assumée avec un système de gaspillage et de corruption sans limites.
La rédaction / LEMED24



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