Dans une démarche perçue par de nombreux observateurs comme une manœuvre politique plutôt qu’un choix économique, les autorités algériennes ont signé un accord de libre-échange avec l’Ukraine, au moment même où les relations entre le Maroc et la Russie connaissent un rapprochement stratégique sans précédent, marqué par la signature d’accords majeurs dans les domaines de l’énergie, de la sécurité et de l’investissement.

Ce synchronisme diplomatique n’est pas anodin. Le régime militaire algérien, de plus en plus isolé sur la scène régionale et internationale, cherche à envoyer un signal à Moscou, son allié historique, afin de montrer sa capacité à se repositionner dans un contexte géopolitique mondial en pleine mutation.

Un geste politique plus qu’un partenariat économique

Sur le plan économique, l’accord entre Alger et Kiev apparaît plus symbolique que concret.
L’Ukraine, affaiblie par une guerre dévastatrice, ne dispose pas actuellement des moyens logistiques ni commerciaux nécessaires pour mettre en œuvre un véritable accord de libre-échange.
Quant à l’économie algérienne, dépendante de la rente pétrolière et peu ouverte aux échanges, elle ne semble pas en mesure de tirer un bénéfice réel d’une telle entente.

Ainsi, cette initiative revêt un caractère essentiellement politique, destinée à faire pression sur la Russie, à un moment où le Kremlin affiche une position plus équilibrée sur la question du Sahara marocain, en accord avec les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

Un recul diplomatique croissant pour Alger

Ce revirement intervient dans un contexte où le régime algérien subit un affaiblissement diplomatique notable, après l’échec de ses paris sur certaines alliances opportunistes au Sahel et la perte d’influence au sein de l’Union africaine, conséquence directe de la diplomatie proactive et efficace du Maroc sur le continent.

De son côté, Moscou commence à douter de la fiabilité d’Alger comme partenaire stratégique.
Autrefois l’un des plus grands clients de l’industrie militaire russe, le pays cherche désormais à diversifier ses sources d’armement et affiche une réserve croissante vis-à-vis des positions russes sur la scène internationale.
En signant un accord avec l’Ukraine, l’Algérie ouvre une nouvelle zone de tension diplomatique et risque de compromettre sa relation historique avec Moscou à un moment délicat pour le Kremlin.

Une diplomatie réactive plutôt que stratégique

Pour de nombreux analystes, cette démarche illustre la nature réactive de la politique étrangère algérienne, davantage guidée par la rivalité avec le Maroc que par une vision à long terme.
Chaque rapprochement de Rabat avec une puissance mondiale semble déclencher, du côté algérien, une tentative de contrepoids symbolique, même lorsque cela va à l’encontre de ses propres intérêts géopolitiques.

Dans ce sens, le rapprochement avec Kiev apparaît comme un outil de chantage diplomatique, plus que comme une orientation stratégique sérieuse.

Avec cette nouvelle manœuvre, le régime militaire algérien confirme une fois de plus son incapacité à construire des alliances stables et durables, préférant des gestes ponctuels et spectaculaires qui ne font qu’accentuer son isolement.
L’alliance avec l’Ukraine, dans le contexte de crise économique interne et de déclin de l’influence internationale d’Alger, ressemble davantage à une carte diplomatique brûlée qu’à un véritable atout stratégique.