La plupart des États membres de l’Union européenne s’orientent vers une approche essentiellement financière dans le cadre du mécanisme de solidarité en matière de migration et d’asile, préférant contribuer par des paiements plutôt que d’accueillir des demandeurs d’asile sur leur territoire. Cette tendance illustre la montée des réticences européennes face aux conséquences politiques, sociales et administratives des flux migratoires.

Dans ce contexte, le Portugal a décidé de rejoindre le mécanisme de solidarité sans accueillir de demandeurs d’asile, en contrepartie d’une contribution financière dépassant les 8 millions d’euros. Selon les journaux portugais SIC et Expresso, Lisbonne a écarté l’accueil d’environ 420 demandeurs d’asile, soit 2 pour cent du total prévu, en invoquant une pression migratoire accrue et l’incapacité du système national à absorber de nouveaux arrivants sans risque pour sa stabilité.

Le gouvernement portugais versera ainsi 8,4 millions d’euros au fonds de réserve de solidarité afin de soutenir les pays les plus exposés aux flux migratoires, à compter du mois de juin prochain. Cette décision fait suite à un accord européen conclu en décembre dernier portant sur la relocalisation de 21 009 demandeurs d’asile arrivant principalement d’Espagne, d’Italie, de Grèce et de Chypre, pays en première ligne face aux arrivées.

Alors que le Portugal devait accueillir environ 420 personnes dans le cadre de cet accord, le ministre portugais de la Présidence, António Leitão Amaro, a demandé à Bruxelles une réévaluation des chiffres nationaux de la migration et de l’asile. Durant cette phase d’examen, le gouvernement a choisi de suspendre temporairement l’accueil, sans se retirer du mécanisme européen.

Cette orientation est partagée par de nombreux États membres. L’Allemagne prévoit d’accueillir 4 555 personnes, la France 3 361, la Roumanie 661, la Bulgarie 214, tandis que Chypre n’en accueillera que 43. D’autres pays ont opté pour une formule mixte, combinant accueil limité et contribution financière, comme la Lituanie, le Luxembourg et Malte.

À l’inverse, l’Autriche, la Croatie, la Pologne et la Tchéquie ont demandé à être exemptées du mécanisme lors de l’élaboration de ses règles, invoquant une forte pression migratoire interne. Ces choix révèlent les profondes divisions européennes quant au partage des responsabilités en matière d’asile et posent la question de l’efficacité réelle du pacte européen sur la migration et l’asile.

La rédaction / LEMED24