Par Adrien Valmont (in Belgium Times)

Deux mois après une finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 marquée par une forte controverse et un sentiment d’inachevé, la Confédération africaine de football a rendu une décision officielle aux conséquences majeures, sans pour autant clore définitivement le débat. L’instance continentale a en effet déclaré le Sénégal forfait et homologué la rencontre sur un score de 3-0 en faveur du Maroc, modifiant ainsi rétroactivement le résultat du match disputé le 18 janvier.

Sur le plan réglementaire, cette décision repose sur un principe solidement ancré dans le droit du sport. En cas de forfait, d’abandon ou de violation grave des règles, les règlements prévoient une défaite par pénalité, généralement fixée à 3-0. Cette disposition vise à garantir l’équité des compétitions et à sanctionner tout comportement incompatible avec leur bon déroulement.

La décision du jury d’appel représente l’aboutissement de la procédure interne à la CAF. Après un examen initial suivi d’un recours, l’instance a statué de manière définitive à son niveau. En conséquence, le Maroc est désormais officiellement reconnu comme vainqueur de la CAN 2025, avec une homologation immédiate dans tous les classements et compétitions relevant de la confédération.

Toutefois, cette décision ne constitue pas nécessairement le dernier mot sur le plan juridique international. Le système du droit du sport permet en effet un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), basé à Lausanne, qui agit comme la plus haute juridiction en matière de litiges sportifs.

Dans ce cadre, une fédération nationale s’estimant lésée peut contester la décision dans un délai généralement compris entre 10 et 21 jours après notification. Le recours repose sur des arguments juridiques précis, tels que le respect des procédures, l’application correcte des règlements ou la proportionnalité des sanctions.

Cette situation explique les divergences observées dans les analyses médiatiques. D’un côté, la décision de la CAF est définitive en interne et produit tous ses effets, consacrant le Maroc comme champion. De l’autre, tant que les délais de recours ne sont pas expirés ou qu’une procédure éventuelle devant le TAS n’est pas close, le dossier demeure juridiquement ouvert.

En pratique, deux temporalités coexistent : celle de l’institution sportive, qui a validé un résultat, et celle du droit international du sport, qui maintient une possibilité de contestation. Cette dualité est fréquente dans les litiges majeurs, où les enjeux dépassent largement le cadre purement sportif.

Il convient également de souligner que le dépôt d’un recours devant le TAS n’entraîne pas automatiquement la suspension de la décision contestée. Ainsi, sauf mesure exceptionnelle, le Maroc conserve son statut de vainqueur pendant toute la durée de la procédure.

Au final, le Maroc est aujourd’hui le vainqueur officiel de la CAN 2025 selon la CAF, mais le dossier reste potentiellement ouvert sur le plan juridique international, dans l’attente de l’épuisement des voies de recours.

Cette affaire illustre une tendance croissante dans le sport moderne : la judiciarisation des compétitions, où les résultats ne se jouent plus uniquement sur le terrain, mais aussi devant les instances juridiques spécialisées.