Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a mis en garde mardi les pays européens contre l’activation de l’instrument dit « anti-coercition » de l’Union européenne, estimant qu’une telle démarche serait imprudente dans le contexte actuel de tensions avec Washington.
Cette prise de position intervient alors que le président américain Donald Trump a de nouveau brandi la menace d’une annexion du Groenland, territoire autonome relevant du Danemark, suscitant une vive inquiétude au sein des capitales européennes. En réaction, le président français Emmanuel Macron a appelé l’Union européenne à recourir à l’instrument anti-coercition, un mécanisme juridique conçu pour répondre aux pressions géopolitiques de nature économique.
Cet instrument permet à l’Union européenne d’adopter des contre-mesures, notamment commerciales ou douanières, lorsqu’elle estime faire l’objet de coercition de la part d’un État tiers. Toutefois, il n’a encore jamais été activé depuis son adoption, ce qui conférerait à son utilisation actuelle une portée politique et économique inédite.
S’exprimant devant des journalistes en marge du Forum de Davos, Jamieson Greer a déclaré que chaque pays agirait selon ce qu’il considère comme son intérêt national, ajoutant que de tels choix entraînent inévitablement des conséquences. Il a qualifié l’activation de l’instrument anti-coercition de décision non avisée, reprenant ainsi les propos tenus la veille par le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent.
Alors que certains responsables européens plaident pour des discussions afin de contenir la crise et éviter une escalade commerciale, d’autres estiment que les menaces liées au sort du Groenland s’apparentent à une forme de chantage politique qui exige une réponse ferme de la part de l’Union.
Interrogé sur la réaction des États-Unis si l’Union européenne venait à considérer que le sort du Groenland n’est pas négociable, Greer s’est contenté de répondre : « Si tel est le cas, qu’il en soit ainsi », laissant entendre que le refus de suivre les recommandations américaines pourrait conduire à des développements imprévisibles.
De son côté, le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a exhorté les pays européens à maintenir un climat apaisé, avertissant que l’imposition de droits de douane de rétorsion ou toute remise en cause de l’accord commercial conclu avec l’administration Trump en juillet dernier ne servirait pas les intérêts de l’Europe.
Cet accord fixe un plafond de 15 pour cent pour les droits de douane américains sur la majorité des produits européens, tandis que le Royaume-Uni a obtenu un accord distinct limitant ce plafond à 10 pour cent sur l’essentiel de ses exportations.
Jamieson Greer a enfin souligné que les partenaires commerciaux des États-Unis ne devraient pas considérer l’accès au marché américain comme acquis de manière permanente, insistant sur le fait que la politique commerciale de l’administration Trump repose sur des révisions régulières et une incertitude assumée.
La rédaction / LEMED24



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