Pedro Canales, pour LeMed24
Le ministre des Affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares, effectue une visite officielle en Algérie du 26 au 28 mars. Peu après son arrivée, il a été reçu par le président Abdelmadjid Tebboune, puis il a entamé des discussions avec son homologue Ahmed Attaf.
La presse espagnole, qu’elle soit favorable au gouvernement de Pedro Sánchez ou inclinée vers l’opposition, salue cet événement comme « un pas de plus (définitif ?) dans la réconciliation entre l’Algérie et l’Espagne ».
Rappelons que la « rupture » a eu lieu en juin 2022, après le changement de position du gouvernement espagnol sur le Sahara occidental, en reconnaissant que la proposition marocaine d’autonomie sous souveraineté du Maroc était la plus sérieuse, réaliste et crédible pour résoudre le conflit. L’Espagne n’a pas reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara, comme l’ont fait les États-Unis et, implicitement bien avant, la France, avec la visite du ministre de l’Intérieur Charles Pasqua au Sahara. L’Espagne s’est limitée à mettre sur la table du débat la proposition d’autonomie régionale.
La réaction de l’Algérie a été sans appel : suspension du Traité d’amitié et de coopération, signé en 2001 par le président algérien Abdelaziz Bouteflika et l’Espagnol José María Aznar.
Ce traité, suspendu unilatéralement par le régime d’Abdelmadjid Tebboune, est beaucoup plus important et déterminant que toute mesure affectant le commerce, les relations culturelles, les importations et exportations réciproques. Le Traité d’amitié fixe les relations d’État à État. Tant que son application n’est pas rétablie, tout le reste reste en suspens. En définitive, si l’Algérie ne rétablit pas le traité, c’est parce qu’elle veut conserver un moyen de pression et de contrainte.
Le gouvernement algérien estime que l’actuel exécutif espagnol a les mains liées en raison de sa dépendance aux importations de gaz. En effet, l’Algérie reste le premier fournisseur de gaz naturel de l’Espagne, bien qu’elle ait perdu des parts importantes au profit d’autres pays comme les États-Unis, la Russie, le Nigeria et la Norvège. L’Espagne importait également du gaz du Qatar, mais la guerre en Iran a bloqué de nombreux méthaniers qui devaient arriver du Golfe.
Cependant, ces calculs pourraient changer si, lors des prochaines élections politiques en Espagne, le Parti populaire sort vainqueur, lequel, bien qu’ayant toujours été « un ami loyal » du régime algérien, fera tout son possible pour rétablir les relations détériorées avec les États-Unis de Donald Trump. Dans ce cas, l’Espagne redeviendrait la plateforme privilégiée de l’administration américaine pour l’acheminement du gaz naturel liquéfié destiné à l’Europe. Pedro Sánchez a mis cela en veille en raison de sa politique de confrontation permanente avec Donald Trump, mais le dirigeant du Parti populaire, Alberto Núñez Feijóo, pourrait rétablir l’ancienne amitié stratégique entre l’Espagne et les États-Unis, signée il y a trois quarts de siècle par les généraux Franco et Eisenhower.



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